Qui dit chantier dit entreprise extérieure, risque accru de coactivité, multiplication des situations dangereuses. Un chantier doit donc être bien cadré, que ce soit par le personnel de l’entreprise, l’encadrant de chantier ou par un professionnel extérieur, consultant, coordinateur SPS ou autre.
Les principales sources d’accident sur un chantier
Il est toujours bon de savoir quels sont les risques auxquels les salariés sont le plus exposés. Dans le cadre des chantiers de BTP ou GC (BGC), 4 grandes familles regroupent l'essentiel de l'accidentologie :
- Manutention (Voir aussi ici), dans près de la moitié des AT
- Chute de hauteur (Voir aussi ici)
- Chute de plain-pied (Voir aussi ici)
- Outillage à main
Côté maladies professionnelles, les TMS représentent toujours la très grande majorité des problématiques après plus de 85% des reconnaissances.
Les acteurs et leurs rôles dans les chantiers de Génie Civil et BTP
Les acteurs clés ci-dessous sont au cœur de la prévention et de l’organisation des chantiers de BGC :
- Le maitre d’ouvrage (MOA = le client) dépose le permis de construire, lance l’étude environnementale, prépare les contrats et missions (CT, CSSI), définit le cadre et les exigences… Il s’adjoint les services d’un coordonnateur SPS pour assurer la coordination générale des mesures de prévention de toutes les intervenants.
- Le maitre d’œuvre réalise les travaux. Il s’occupe de la coordination et du pilotage des EE ainsi que de l’exécution des travaux, gère la partie environnementale, travaille avec le CSPS pour les études, la conception puis la prévention et l’ordonnancement des travaux.
- Le CPSP assure la coordination générale des mesures de prévention avant et pendant l’exécution d’une opération, entre L’EU et l’EE (ou les EE) ) = prévenir les risques liés à l’interférence entre les activités, les installations et les matériels des différentes entreprises présentes sur un même lieu de travail.
Ces derniers sont secondés divers autres personnes et fonctions.
Préparer son chantier avec les bons documents
Le PDP (Plan de Prévention) ou PPSPS (Plan particulier de sécurité et de protection de la santé) sont le document de référence pour les entreprises, les travailleurs sur le terrain, l’inspection du travail et la médecine du travail ! Voici aussi Plans de prévention et autres documents à ne pas confondre.
Le Plan de prévention (PDP)
Il s’adresse surtout aux travaux d’entretien, de maintenance, voire de construction ou de prestation de services. Ces travaux sont réalisés chez un donneur d'ordre en son établissement (l’entreprise utilisatrice).
Le plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS)
Il est utilisé pour les opérations de bâtiment ou de génie civil (BGC = travaux relevant de l’activité BTP). C’est le document de référence pour chaque entreprise intervenante. Il lui permet de préparer son chantier, de former ses personnels et de s’adapter aux évolutions du chantier. Les PPSPS de chaque entreprise sont transmis au CSPS qui coordonne l’ensemble du chantier et rédige un document de synthèse.
Le PCGSPS (plan général de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé)
Il est donc la résultante des toutes les analyses et mesures de prévention des PPSPS de chaque intervenant, reprises, évaluées, planifiées et harmonisées. IL permet de gérer toutes les interfaces entre les acteurs du chantier, que ce soit à un instant t ou au fur et à mesure du chantier.
D’autres documents sont indispensables : les déclarations préalables, les éventuels protocoles sécurité et/ou plans de retrait, les permis de travail, le notices techniques.
Qu’est-ce qu’un chantier BGC (Bâtiment Génie Civil)
Il s’agit de chantiers liés où le gros œuvre est l’activité dominante, avec au moins 2 entreprises et un chantier clos* (la notion de chantier clos ne sera pas expliquée ici).
3 Catégories de chantiers existent, selon la durée, le nombre de personnes et d’entreprises, le montant des travaux. En fonction, différentes exigences et documents seront nécessaires :
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RJC (registre journal de chantier), DIUO (Dossier d’Interventions Ultérieures sur l’Ouvrage validé) , IC sont nécessaires pour tous les chantiers.
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En catégorie 3, les PPSPS et le PGCSPS sont exigés mais en versions simplifiés.
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Dès la catégorie 2, La DP (déclaration préalable) sera obligatoire.
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Enfin, un CISSCT sera imposé tous les 3 mois pour les chantiers de catégorie 1.
Bien gérer les différentes phrases d’un chantier
Visite préalable et analyse du futur chantier
Comme partout n’importe quel type de situation, la première étape va être de préparer le chantier. Ce qui suppose une analyse de risque (basée sur les dangers traditionnels de l’entreprise, donc son Document Unique) d’abord générale puis ajustée au chantier en question, à ses contraintes, à la coactivité, aux équipements utilisés, à sa durée….
Une visite préalable sera à organiser avec l’entreprise (utilisatrice = le client ou extérieure = le fournisseur) pour repérer les particularités et permettra la rédaction de documents adaptés. Elle permettra, avec l’analyse de risques basée sur les principes généraux de prévention d’élaborer un document final de synthèse quel qu’il soit (voir plus loin) et des modes opératoires et procédures spécifiques.
Avant comme pendant, l’identification des dangers et le balisage sont indispensables.
- Le PIC (Plan d’installation de chantier) est la bible absolue en la matière pour les chantiers BGC. Ce document va situer absolument tout, des voies de circulation, aux aires de chargement, accès piétons, zones d’évacuation, zones déchets…). Ce dernier évolue donc au fur et à mesure du chantier.
- Des signalétiques complètent le PIC (ou dans le cadre d(‘un chantier sous PDP donc sans PIC) informent des dangers et de leur position :
- Panneaux temporaires de danger, de prescription, d’indication
- Déviations si besoin avec information préalable
- Panneaux « permanents » (EPIs systématiques…)
- Signalisation d’approche (sur la voie publique ou sur site)
- Matériel de protection
- ...
Gérer la prévention pendant la durée du chantier
Un chantier vit ! Il ne faut donc pas se reposer sur l’analyse de risques initiale à 100%. Bien sûr, cela reste indispensable, mais des situations non prévues vont très probablement apparaître au cours du chantier, quel que soit sa durée. Il est donc important que chacun sache ce qu’il doit faire dans ce cas : informer de tout changement (et si besoin arrêter l’activité prévue), analyser la nouvelle situation, évaluer la coactivité, définir la prévention adaptée, ajuster le document (PDP ou PPSPS), valider, faire remonter (puis redescendre l’information), former si besoin avant de reprendre le travail.
Si ce changement a pu être anticipé, tant mieux, c’est du temps de gagné et l’assurance de ne pas arrêter le chantier. D’où l’importance de l’anticipation, de la présence terrain, de réunions sécurité en début et fin de journée pour faire le point et se projeter sur la suite.
Bien sûr, l’arrivée d’un nouveau, un retard ou une prise d’avance, un nouvel équipement non prévu… autant de situations qu’il faudra intégrer et qui nécessiteront un ajustement des documents et de l’organisation.
Bien gérer une fin de chantier
Que ce soit en fin de journée ou en fin de mission, il reste un certain nombre de choses à faire :
- Chaque jour, ranger avant de partir, mettre sous clé tout ce qui peut être dangereux, gérer potentiellement la sécurité du site, le balisage, la clôture, bref, mettre en sécurité le chantier … et préparer le lendemain grâce à un point sécurité. L’occasion de parler EPIs, compatibilité, état… par exemple.
- En fin de chantier, pour les chantiers BGC, viendra le moment de repasser sous décret 92 et donc de sortir du PPSPS et PGC, notamment lorsqu’une partie de l’installation sera mise en exploitation. Une partie administrative sera alors nécessaire pour mettre à disposition :
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le DOE : Dossier des Ouvrages Exécutés (nécessaire pour rédiger le DIUO)
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le DIUO : Dossier d’Interventions Ultérieures sur l’Ouvrage validé
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Formations pour bien préparer vos chantiers et renforcer la prévention
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Auditer les chantiers et le terrain
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Comprendre le rôle de l’encadrant de chantier et apprendre à réaliser au mieux sa mission
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Savoir analyser et comprendre les causes profondes d’un accident, incident ou presqu’accident par la réalisation d’arbres des causes
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