Si elle semble parfois anodine, la chute de plain-pied est loin d’être sans danger. C’est la seconde cause d’accident avec arrêt en 2022 selon l’assurance maladie. Mais aussi la seconde cause d’incapacité et temporaire et permanente.

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Accidentologie et chute de plain-pied

  • 20% des accidents du travail tous secteurs confondus, soit environ 126 000 accidents
  • Soit 1 chute toutes les 7.5 minutes
  • Près de 20% des journées d’arrêt
  • En moyenne, 4 jours d’absence
  • Environ 17% des incapacités permanentes

Les chutes, quelles qu’elles soient entrainent souvent des arrêts de travail plus long que pour d’autres risques. Idem pour les séquelles qui sont souvent plus conséquentes. Si l’on peut facilement imaginer un décès lié à une chute de hauteur, rappelons cependant qu’1/3 des décès liés à des chutes concernent la chute de plain-pied !

 
Lésions conséquentes aux chutes de plain-pied

Le siège des lésions est très varié et touche tout le corps : tête, yeux, membre supérieur, tronc, membre inférieur, avec parfois même des localisations multiples, ou pire encore des lésions internes.
Il s’agira principalement de lésions cutanées ou ostéo-articulaires (foulure, entorse, contusion plaie) mais aussi potentiellement d’hémorragie, de fracture sans compter un possible décès (suite à un traumatisme crânien, une noyade en cas de perte de connaissance…).
Ces chutes ont parfois un impact psychologique, selon leur gravité, pouvant augmenter le stress au poste de travail.

Bref, la chute de plain-pied est tout sauf anodine !
Le personnel le plus à risque a plus de 40 ans et est majoritairement féminin, cela s’expliquant en partie par le type de métier. Mais toutes les zones et tous les métiers sont concernés !

 Causes des chutes de plain-pied

Le sol est assez logiquement le grand responsable dans la moitié des Accidents, qu’il s’agisse de ses caractéristiques intrinsèques (sol glissant ou irrégulier, rupture de niveau comme par exemple un trottoir), de défauts (trou, déversements…) ou d’encombrement des allées. Mais l’éclairage absent ou inadapté (éblouissant ou insuffisant), les conditions météorologiques, le travail dans l’urgence… sont autant d’éléments concourant à la chute.

Les contextes suivants sont les plus accidentogènes

  • l'utilisation des machines (44%)
  • la manutention manuelle ou mécanique (28%)
  • les déplacements (15%)
  • le ramassage des ordures ménagères (7%)
  • le travail sur chantier (6%)

 

Quelle prévention pour les chutes de plain-pied ?

La sensibilisation au risque de chute

Indispensable pour un sujet qui est trop sous-estimé par les salariés, elle permet l’implication et une bonne prise de conscience pour ensuite ajuster ses comportements préventifs. Par exemple, un sol glissant visible entraînera une bonne perception du risque et une adaptation de la personne avec un comportement différent (changement de chaussures, salage, marcher plus lentement, repositionnement du centre de gravité…) car elle aura anticipé. Mais gare aux effets de surprise si l’on n’a pas repéré le danger !

Quelques idées pour communiquer sur le risque de chute de plain-pied :

  • Accueil sécurité pour tout nouvel arrivant
  • La revue des consignes lors d’un changement de poste
  • Causerie sécurité préventive ou suite à un presqu’accident
  • Sensibilisations (avec exercices pratiques par exemple)

La prévention des glissades et trébuchements

  • Garantir un sol dégagé
  • Adapter la nature du sol au travail et aux conditions (coefficient de frottement ni trop bas ni trop haut, dureté, rugosité… est à étudier)
  • Limiter le relief, l’inclinaison
  • Ne pas courir donc agir sur les vitesses de déplacement
  • S’assurer d’avoir un sol propre (limiter les poussières par exemple qui sont vite très glissantes)
  • Ranger et ne rien laisser traîner au sol
  • Libérer les allées de circulation
  • Assujettir les tapis de sols, paillassons…
  • Eviter les revêtements avec différentes adhérences
  • Utiliser des passe-câbles
  • Baliser/signaler les zones dangereuses, les marches isolées
  • S’assurer de l’absence de zones d’ombre et de possibilité d’éblouissement, par exemple avec des détecteurs de prévence, des interrupteurs faciles d’accès…
  • Nettoyer rapidement suite à un déversement ou une fuite et avoir en permanence des kits de déversement ou de nettoyage dans les zones à risque

Bref, l’environnement de travail doit être pensé et aménagé pour limiter les risques de chutes. C’est le premier pas, qui s’accompagnera d’actions spécifiques en fonction des situations et dans tous les cas de communication, information et sensibilisation.

La gestion des accidents ou incidents liés aux chute de plain-pied

Les chutes doivent être analysées, peu importe leur gravité. Elles doivent permettre de comprendre les causes (et l’on a parfois des surprises) et de mettre en place des actions correctives. La prévention sera un ensemble de bonnes pratiques, équipements adaptés, organisation repensée, EPIs spécifiques véhiculés par des communications régulières. Il s’agit non seulement de réduire l’accidentologie mais aussi d’améliorer le bien-être au travail par des conditions favorables.

 

 Les bienfaits de la marche

Malgré de tableau plutôt noir, il est cependant nécessaire de rappeler que la marche est indispensable à notre bonne santé. C’est donc bien la prévention qui est au cœur du sujet car non seulement, il faut continuer à marcher mais bien souvent, il nous faudrait marcher plus que nous ne le faisons. Pourquoi ?

Parce que l’activité physique régulière contribue à notre bonne santé
Parce que nous sommes trop sédentaires, ce qui favorise entre autre la fonte musculaire, les maux de dos et autres pathologies
Parce que la marche contribue à une meilleure qualité de sommeil.
Bouger chaque jour et suffisamment souvent est indispensable. Et marcher est à la porte de chacun.

 

Alors continuons de marcher, mais en toute sécurité !

Pour en savoir plus : Chutes, tous concernés !

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