picto inflammable

Picto point d erassemblement

 Picto extincteur

 

Face à un incendie, chaque minute compte car selon l’INRS, 70 % des entreprises victimes d’un sinistre majeur disparaissent dans les mois qui suivent. Et pour les 30% restantes, les conséquences peuvent être lourdes, que ce soit sur le plan sécurité, organisation ou environnemental (pollutions éventuelles, par les eaux d’extinction ou les fumées).

Plus le risque incendie aura été pris en compte en amont (dès la conception et avec une communication et formation appropriée), meilleure sera la réponse et l’efficacité des mesures en cas de départ de feu.

Petit rappel : Le triangle du feu

Triangle du feu

Pour « vivre », un feu a besoin de combustible, de comburant et d’une source d’énergie. Intégrer cela permettra au personnel de mieux comprendre les attentes en matière de stockage par exemple et donc d’appliquer plus facilement les consignes. Parmi les combustibles classiquement présents en entreprise, citons le papier, le bois, le carton, le plastique et les métaux / les solvants, l’essence, les dégraissants, les huiles / le méthane (gaz de ville), le butane, le propane et l’acétylène.

Le comburant le plus est classique est le dioxygène, suivi par le chlore, les nitrates, le brome, les péroxydes…

Le point d’ignition (température qui fournit suffisamment d’énergie pour amorcer la réaction) pourra avoir différentes sources

  • énergétiques

o thermique (surface chaude, point chaud, flamme nue…)
o électriques (étincelle, échauffement, surcharge…)
o électrostatique,
o mécanique (étincelles, échauffement par frottement….)
o chimique (réactions exothermiques, effet domino…)

  • Humaines (cigarette, négligence, malveillance)
  • Naturelles

o bactériologique (fermentation…)
o climatique (foudre, fortes températures…)

Ces éléments doivent être compris des salariés pour leur permettre une vigilance appropriée ; ils devront donc être intégré à la formation.

 

Domaine d’explosivité, température d’auto-inflammation

  • Le domaine d’explosivité est délimité par la LIE et LES (limites inférieures et supérieures d’explositivé) ; Il s’agit de la plage de concentration du combustible dans le volume disponible qui lui permet de s’enflammer. En cas de concentration inférieure ou supérieure, même en présente de fuite ou d’énergie d’ignition, la réaction de combustion ne pourra pas se propager.
  • La température d’auto-inflammation concerne les gaz et liquides. C’est la température à laquelle, en cas de concentration appropriée (LIE /LES), le gaz ou le liquide pourra s’enflammer spontanément.
  • Connaître les caractéristiques d’un produit ou d’une substance avant son utilisation et son stockage est primordial.

 

 Les différents intervenants

Lors d’une évacuation, il est bon d’avoir du personnel formé qui encadre l’essentiel des personnes présentes sur site et coordonne l’attente au point de rassemblement. Ainsi

  • le responsable d’évacuation évacue en tête pour guider le flux de personnes,
  • le serre-file sort en dernier car il s’assure dans la mesure du possible qu’aucun retardataire n’est encore sur les lieux (ou hors des zones sécurisées)
  • le coordinateur récupère les informations, listes du personnel… pour les transmettre aux secours.

Pour la lutte contre l’incendie, d’autres fonctions entrent en jeu

  • Les EPI (équipiers de première intervention) sont les premiers à intervenir pour la mise en sécurité et l’utilisation des extincteurs/RIA ; avoir les bons réflexes est donc primordial pour eux.
  • Les ESI (équipiers de seconde intervention) ont une action plus large, du de sauvetage à l’extinction. Ils utilisent des moyens mutualisés et pas uniquement ceux accessibles immédiatement sur les lieux (des bouches et poteaux incendie, colonnes sèches/ humides, installations fixes d’extinction automatique). Le référenciel APSAD R6, §1.4 précise qu’il s’agit d’une « Personne formée régulièrement au maniement de tous les moyens d’intervention contre l’incendie de l’établissement ».
  • EPI et ESI ne relèvent pas de la réglementation mais de la règle APSAD R6. Il doit être possible de réunir deux personnes en moins d’une minute en cas d’alerte incendie. Leur répartition sur les lieux de travail est donc un point de vigilance à garder à l’esprit.
  • Enfin, les EIT (équipiers d’intervention technique) doivent mettre en sécurité les installations. Ils n’attaquent pas le feu.

Toutes ces personnes doivent être spécifiquement formées pour leur rôle bien défini. Il est conseillé de constituer un dossier technique qui servira d’aide-mémoire et indiquant les différentes installations techniques (ascenseurs, locaux électriques, moyens de secours, dangers potentiels...) et les premières mesures à prendre.
Pour rappel, l’article R4227-38 §8 rappelle « le devoir, pour toute personne apercevant un début d'incendie, de donner l'alarme et de mettre en œuvre les moyens de premier secours, sans attendre l'arrivée des travailleurs spécialement désignés ».

 

Formation des salariés

Si les fonctions ci-dessus nécessitent une formation spécifique (APSAD Règle R6, Chapitre 6), il n’en reste pas moins que 100% du personnel doit avoir des connaissances de base. Ceci inclut :

  • le risque de départ de feu,
  • les Dispositifs d’extinction de l’entreprise
  • des explications sur les signalétiques (alarme, cheminement d’évacuation, repérage des extincteurs, BAES (éclairage de sécurité), …
  • une information sur comment donner l’alerte
  • un point sur la zone de travail, les moyens à disposition, leur positionnement
  • les méthodes pour manipuler les moyens à disposition
  • des information sur les éventuelles manœuvres additionnelles (ouverture des trappes de désenfumage, mise en sécu du poste de travail, mise en œuvre des générateurs mousse / RIA…)

N’oublions pas non plus les entreprises extérieures et sous-traitants qui doivent aussi recevoir une information suffisante, au travers du Plan de Prévention.
Enfin, les exercices doivent être organisés tous les 6 mois pour sensibiliser le personnel, leur rappeler les bons gestes et réduire le temps total d'évacuation. Un registre sera tenu à jour et précisera les dates de ces tests et les observations sur l’efficacité de l’exercice. Ce document est tenu à disposition de l'inspection du travail.

 

Quelques autres obligations réglementaires (non exhaustif)

 

L’alarme sonore devra être installée :

    • sur tout site avec au moins 50 salariés/personnes
    • quel que soit le nombre personnes, sur les lieux manipulant des matières inflammables, comburantes, explosives

Elle doit être spécifique, sans aucun risque de confusion et être audible en tout lieu, quel que soit le nombre de bâtiments. Sa durée d’autonomie est de minimum 5 minutes. (R4227-35-36)

 

La signalisation

Des affichages indiquent les moyens d’extinction de façon visible, durable et régulière / le cheminement vers les sorties ou les zones sécurisé / les espaces d’attente disposent une signalétique différente.

Depuis le 1er janvier 2014, les nouveaux panneaux doivent être conforme à la norme EN ISO 7010.

Un éclairage de sécurité est en place pour aider à l’évacuation en cas de panne de courant.

 

La consigne de sécurité

    • doit être affichée et visible dans tous les locaux dès 5 personnes. Son contenu est précisé dans l’article R4227-38 du code du travail.
    • indique le matériel disponible, les personnes en charge, les personnes responsables d’évacuation, les moyens d’alerte, l’adresse et téléphone des secours.
    • Pour les entreprises extérieures, ces informations relatives aux moyens mis en place et aux itinéraires d’évacuation doivent figurer dans le Plan de Prévention.
    • Ces consignes générales seront complétées par d’autres plus spécifiques pour les EPI, ESI, EIT équipiers d’intervention technique)
    • De même des consignes particulières sont à prévoir pour certains travaux et certaines zones à dangers spécifiques (soudage, zone ATEX, zone de stockage de produits inflammables…)
    • Il sera bon d’associer à ces consignes : le plan d’évacuation et le plan d’intervention des secours.


Visites périodiques du matériel

    • le matériel doit être testé régulièrement et contrôle selon les exigences réglementaires.


Infrastructures (portes, couloirs, circulations, escaliers, rampes).

    • Le nombre de dégagements ainsi que leurs dimensions est réglementé (R4227-5). Ainsi, de 20 à 100 personnes, il faudra prévoir un dégagement d’une largeur de 1,5m au moins (plus un dégagement accessoire), alors que pour 400 personnes, il en faudra 2 d’une largeur minimale de 2,5m. Aucun dégagement réglementaire ne peut être d’une largeur inférieure à 0,8m. Ces valeurs sont à augmenter de de moitié pour les escaliers des sols-sols.
    • Les portes s’ouvriront sur l’extérieur de manière simple. Ainsi, les portes coulissantes ne sont autorisées comme moyen d’évacuation que vous certaines conditions.
    • Pour les locaux où sont stockés et utilisés des matières inflammables, comburantes ou explosives, les postes de travail seront situés à moins de 10m d’une issue de secours, les portes s’ouvriront vers l’extérieur et les éventuelles grilles doivent pouvoir s’ouvrir facilement.
    • Matériel de lutte incendie
      • Selon les risques de la zone, le type et nombre d’extincteur peu varier. Dans tous les cas, les extincteurs doivent être facilement accessibles et il devrait y avoir un extincteur à eau pulvérisée d’une capacité d’au moins 6l pour 200 m².
      • En fonction de l’activité de l’entreprise, il pourra être nécessaire d’être équipé de RIA, de colonnes sèches, de colonnes humides, d'installations fixes d'extinction automatique d'incendie ou d'installations de détection automatique d'incendie

Système de désenfumage

    • Pour rappel : La fumée tue plus que les flammes et les décès concernent le plus souvent une asphyxie ou une intoxication par les fumées, dûe aux produits de combustion (monoxyde de carbone notamment). Ajoutons que la température va très rapidement monter et dépasser les 100°C, le désenfumage est un point capital en cas d’incendie.
    • Il s’agit d’ouvertures dans la toiture ou les parties hautes pour permettre l’évacuation des fumées et de la chaleur et éviter ainsi qu’elles propagent l’incendie. De nombreuses solutions existent qui n’ont pas d’intérêt à être développées ici.

 

Les serious games ne pourront pas en soi constituer une formation du personnel sur le risque incendie. En revanche, il peut être intéressant d’intégrer les grands principes et règles internes en matière d’évacuation et de prévention du risque incendie avec d’autres sujets clé (DU, politique d’entreprise…). En matière d’incendie, la rapidité passera par des bons reflexes spontanés. Pour cela, il est nécessaire de répéter régulièrement les bons gestes à avoir en cas d’alerte et d’évacuation.

L’animation "Et si c’était nous" permet une discussion ouverte sur les consignes et donc de lever d’éventuels doutes ou incompréhensions. Pour une formation, nous recommandons l’œil qui sauve ou le serious game / jeu sérieux "Kikatrouvé".

 

 

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